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LE DISCOURS DE LA PRESSE ÉCRITE FRANCOPHONE ALGÉRIENNE: ANALYSE DES INNOVATIONS LINGUISTIQUES

Резюме. The lexicon of languages spoken in Algeria, namely the French, is constantly evolving. The corollary of democracy: freedom of opinion and expression make the transitional period (1988-1990) with the emergence of independent media, such as the private press in particular, a good time to creativity activity of new words. This mutation, especially media that knows Algeria for more than thirty years, has a direct impact on the dynamics and the evolution of language practices among journalists.

Ключови думи: lexical innovation; neology; neologisms; formation processes of lexical; Algerian written press

L’Algérie connaît une situation linguistique très complexe. En plus des variétés de l’arabe dialectal et du berbère, l’arabe classique est la langue officielle du pays. A côté de ces variétés linguistiques, la présence de la langue française est une réalité que nul ne peut contester car cette langue marque sa présence depuis l’époque coloniale.

La coexistence de la langue française avec les autres variétés a donné justement naissance à plusieurs phénomènes : phénomène d’hybridation, emprunts lexicaux et créations de mots nouveaux ou proprement dit « néologismes ». Cette néologie attire notre attention par l’emploi de différents procédés : composition, emprunt, alternance codique, hybridation, siglaison et surtout le procédé dérivationnel. Cette situation caractérise particulièrement la presse francophone où l’on assiste à un foisonnement considérable d’unités nouvelles, qui en parallèle, enrichissent l’univers lexical des journalistes. Cette mutation surtout médiatique, que connaît l’Algérie depuis plus de trente ans, a une incidence directe sur la dynamique et l’évolution des langues utilisées par les journalistes

Les journalistes n’ont pas hésité à recourir à la néologie afin de s’accommoder au quotidien de la vie, aux impératifs de la réalité qui se présente à eux et à laquelle ils se confrontent. Chaque terme crée dénote le besoin de dire ou de nommer autrement, et la créativité lexicale devient ainsi le symbole de la liberté d’invention de l’individu, -ou du groupe- face à l’opposition des pouvoirs constitués. (Bastuji, 1979 :12).

Prise comme Principal vecteur du changement linguistique la presse écrite algérienne, média en constante évolution, est un lieu d’exercice de liberté langagière et de création de mots. Ces innovations linguistiques sont généralement le fruit de l’imagination des journalistes. « Les médias sont le bassin privilégié pour la diffusion des créations néologiques qui témoignent de l’apparition d’une nouveauté ou qui répondent à un besoin d’expression et de communication. » (Sader Feghali, L. 2005 : 525-534) . Des mots qui représentent de nouvelles constructions linguistiques dans leurs environnements syntaxiques ou même des termes du lexique du français (de référence) se retrouvent à reformuler un sens nouveau conformément à la nouvelle réalité socioculturelle algérienne.

Le constat que l’on peut faire à la lecture constante de certaines chroniques journalistiques francophones a suscité l’intérêt que nous portons à la création lexicale. Certaines créations dénomment de nouveaux concepts et de nouvelles réalités. Cependant, d’autres sont utilisées pour inciter à la lecture, pour établir une connivence avec le lecteur. Ces innovations lexicales sont créées par les journalistes dans le but de se rapprocher de leurs lecteurs. « Les journalistes désirant se mettre à la portée de leurs lecteurs, estimaient de plus ou moins grande aptitude et tolérance à « néologiser » et s’y conformaient eux-mêmes.» (J.-F. Sablayrolles, 2000 : 378). Ces néologismes sont aussi nommés « néologismes d’auteurs » (A-T. Catarig, 2011) ; ils servent d’affirmation de soi, puisque, souvent on peut en identifier l’auteur.

Par le biais de cette étude sur la créativité lexicale dans la presse écrite francophone en Algérie, nous voulons répondre à la question suivante : quels sont les procédés linguistiques mis en œuvre pour en créer ou former une unité nouvelle ? En d’autres termes, nous tâchons d’une part, de dégager à travers ce corpus de néologismes les procédés de formation les plus productifs et d’en étudier le processus de création. D’autres part, nous tentons d’expliquer l’emploi de certaines créations relevées dans les chroniques du journal Le Quotidien d’Oran, qui constituent notre corpus et forment le matériau fondamental de notre travail. Par le biais de cette collecte d’unités considérées comme nouvelles, nous pouvons aussi déterminer le système de la langue et essayer d’interpréter cette dynamique lexicale du point de vue linguistique.

La constitution d’un corpus de néologismes n’est pas chose aisée en précisant que les difficultés provenaient du choix de l’unité considérée comme pertinente, de la durée variable de la nouveauté, de la nouveauté dans les circonstances d’interlocution, etc. Il nous semble donc important de signaler les difficultés rencontrées pour la constitution du corpus des néologismes potentiels vu le nombre important de nouvelles lexies qui se produisent quotidiennement dans les chroniques journalistiques. Une autre difficulté rencontrée concerne le nouveau sens des lexies, difficile à distinguer. Ajoutons les changements de catégorie grammaticale et les glissements sémantiques ainsi que les locutions nouvelles ne se font pas toujours remarquer.

Contrairement aux terminologues qui tâchent de collecter des termes nouveaux par le dépouillement systématique de revues ou de livres sur un domaine particulier de spécialité, nous établissons un corpus large en puisant dans des sources non spécialisés. Il s’agit des sources journalistiques quotidiennes d’informations générales.

Le titre du journal auquel nous avons eu recours est Le Quotidien d’Oran et plus spécialement la chronique intitulée Tranche de vie dont la signature journalistique est El- Guelli, qui veut dire le pauvre en arabe, son vrai nom est Baba Ahmed Fodil. Type de discours supposé propice à l’apparition de créations lexicales, cette chronique est marquée par sa façon typique d’aborder des sujets variés qui reflètent la réalité de notre société. Cette dimension a motivé en effet, une part subjective, du choix de notre corpus.

La période de l’élaboration du corpus n’est pas prise au hasard car plusieurs évènements nationaux et internationaux sur le plan politique, économique, sportif et culturel,…etc. ont marqué la scène médiatique et journalistique des années 2009 – 2011. Pour ce faire, une attention particulière a été portée à l’intégration des néologismes dans ces chroniques de la période allant du mois de janvier 2009 au mois de septembre 2011.

La lecture : D’abord, une lecture attentive et constante des chroniques de la rubrique « Tranche de vie » du journal Le Quotidien d’Oran s’avère très essentielle pour le repérage et la collecte de nouvelles unités lexicales. Le dépouillement : La détection et le repérage des phénomènes néologiques se fait manuellement, contrairement à la collecte automatique, qui selon Sablayrolles « engendre des erreurs par excès qui lui sont propres, et aussi des erreurs par défaut, dont elle n’a pas l’apanage mais qui ont des conséquences plus graves puisque ces omissions ne sont pas récupérables automatiquement. » (J.-F., Sablayrolles, 2002: 97 – 111) .

La collecte des données : Nous avons réfléchi à un dépouillement d’une façon plus soutenue, c’est-à-dire, nous avons essayé de récupérer les chroniques journalistiques en format électronique puis nous avons essayé de copier-coller en fichier Word. Les résultats obtenus sont une liste d’unités lexicales non reconnues par le dictionnaire électronique et que nous avons considérées comme des néologismes après leur vérification dans les dictionnaires sélectionnés (comme corpus d’exclusion1) . Nous avons continué le dépouillement d’une façon manuelle pour sélectionner les néologismes sémantiques. Chaque néologisme est recueilli une seule fois dans chaque chronique.

Nous présentons ici les résultats des néologismes potentiels trouvés. Ces créations reposent sur différents procédés linguistique: dérivation, composition, mot-valise, les formes hybrides : unités composées de deux unités lexicales de langues différentes, ou des hybrides qui portent des marques de dérivations morphologiques …etc., qui sont intégrés dans les matrices internes1) . À cela, nous ajoutons les phénomènes d’interférence du type code switching ou code mixing qui sont intégrés dans la matrice externe.

Nous disposons exactement de 925 unités néologiques extraites des chroniques journalistiques et qui se distribuent selon les principales matrices lexicogéniques internes et externe. D’après l’analyse effectuée, nous remarquons que la distribution des résultats en fonction des matrices internes et externe est sans appel. Les matrices internes sont prédominantes et semblent être incontournables en matière de création lexicale avec un taux de 82,03%. En revanche, la matière externe se positionne bien loin derrière avec un pourcentage de 17, 94%

Afin de vérifier cette prédominance et afin d’obtenir une idée générale sur la créativité et l’innovation lexicale dans les chroniques journalistiques francophones en Algérie, observons d’abord dans quelle proportion chacun des types de matrices néologiques est utilisé :

– Matrices internes:

– Matrice morphosémantique: 52,86%.

– Matrice syntaxico-sémantique: 15,78%.

– Matrice morphologique: 09,83%.

– Matrice pragmatico-sémantique: 03, 56%.

– Matrice externe: 17,94%.

Étant donné le nombre important de procédés de création morphosémantique qui traite de la substance relationnelle des morphèmes, nous constatons une répartition inégale entre les différents types de néologismes. La création morphosémantique joue un rôle incontestable dans le lexique journalistique, soit un nombre de 489 lexies (52,86%). Dans ce qui suit, nous examinons les procédés de création les plus productifs puis essayer d’interpréter cette dynamique lexicale.

L’Affixation ou la dérivation morphologique est un procédé de création de mots qui se compose de la préfixation, de la suffixation et de la formation parasynthétique. D’après les résultats enregistrés, nous constatons que ce procédé n’est pas majoritairement employé dans notre corpus. Nous considérons que ce procédé n’est pas productif quant à la création de nouvelles lexies. Nous remarquons que l’affixation représente que 76 lexies sur 925, soit un pourcentage de 08,11%. a) La préfixation : D’après les données recueillies, la préfixation comme procédé de création lexicale, ne fait pas l’objet d’un recours fréquent par rapport aux autres procédés. Ce procédé de formation de mots présente, en revanche, une proportion infime de la totalité des procédés que compte notre corpus. Des lexies comme invrai, infaux ont été bien trouvées dans le même fragment d’un texte de la chronique. « Revenons donc à nos programmes nationaux de la télé publique qui se déchaîne en quatre mêmes chaînes, surtout fi sidna ramdane. Après donc les infaux et les invrais, à une heure de grande écoute, au moment où les uns sont branchés sur les chaînes étrangères… »

Dans les dérivés négatifs trouvés, nous retrouvons le schéma de dérivation, qu’on reconnaît facilement dé- + nom. Mais, nous remarquons avec ces préfixés que l’effet discursif de la négation lexicale n’est pas identique à l’effet discursif de la négation syntaxique avec l’intégration de ne…pas car, pour le chroniqueur, il est plus grave de dire que : les informations dans nos programmes télévisés nationaux ne sont pas vrais. Donc, nous pouvons même dire que la valeur sémantique des mots change ou n’est identique en discours pour ces dérivés négatifs.

b) La suffixation : La fréquence des suffixes peut être révélatrice dans la création lexicale en général, et dans le lexique journalistique en particulier. Les suffixes recensés sont : ation, iste, isme, eur, esque, ard, etc. Leur adjonction donne une nouvelle valeur sémantique aux néologismes obtenus. C’est le cas des lexies telles que Bouteflikisme du patronyme Bouteflika, cette lexie renvoie à la politique du président algérien Abdelaziz Bouteflika. Ce néologisme relève, bien sûr, du domaine politique ; ou encore les lexies ramadanesques, désignant les soirées du mois sacré Le Ramadan, h’midanesque, mairiesque pour renvoyer à tout ce qui appartient à H’mida qui est un nom propre ou l’institution administrative la mairie. Parkingueur, de l’anglais parking + suff. -eur, « personne ayant la fonction de surveiller les voitures dans un parking ». Piétonnation désignant une personne marchant à pieds. Novembriste relatif à la révolution algérienne du 1er novembre 1954. La lexie trabendiste, de l’espagnol trabendo qui veut dire « marché noir ». Ce mot désigne toute personne qui s’engage dans une commercialisation illégale de marchandises. Le néologisme skéchiste formé à partir du mot sketch + suffixe iste pour désigner la personne qui joue des sketchs ou encore l’humoriste. Nous avons recensé des néologismes à base du suffixe age telle que navigage dans le sens de la débrouille, du français naviguer.

c) La formation parasynthétique : ce processus de formation des mots est peu productif dans les chroniques journalistiques. Notre corpus ne nous présente que quelques lexies néologiques obtenues sur ce modèle. Nous citons: antialgérianisme, resiester, démonopoliser, infilmable, désaffichage et dépaysaniser.

Dans le cas du dérivé resiester, il paraît plus complexe et peut être décomposé en plusieurs éléments. Ce dérivé parasynthétique n’a pas de forme verbale dérivée même si la forme verbale siester peut être formée. En effet, l’inexistence de cette forme verbale permet de dire que le nom sieste constitue la base de dérivation et que les deux procédés d’affixation à l’aide du préfixe re- et du suffixe -er sont simultanément ajoutés.

La composition comme procédé de formation de nouvelles lexies, affichant un nombre de 289 lexies néologiques (31,24%), semble très productive dans le langage de la presse francophone algérienne. Plusieurs structures de composés sont attestées. Selon les résultats de notre corpus, nous constatons que les mots composés stricto sensu (N N et N Adj) formés par le rapprochement ou la fusion de deux ou plusieurs lexies indépendantes, sont généralement les plus présentés. Parmi les composés recensés, nous avons les composés non soudés avec un nombre de 50 lexies (17,30%). La lexie foot politique, composé relevant du domaine politique. Ce composé est créé par le chroniqueur à l’occasion du déroulement des matchs de la coupe d’Afrique 2009 où les relations étaient vraiment tendues politiquement entre l’Algérie et l’Égypte. Un autre composé relevant cette fois-ci du domaine économique : la grippe financière pour désigner la gravité de la crise économique qui a touché le monde ces dernières années en général et l’Europe en particulier.

Nous remarquons aussi, à travers les néologismes du corpus étudié, la diffusion des composés séparés d’un trait d’union représentés un taux de 21,45%,soit un nombre de 62 tel que le néologisme diplômé-chômeur désignant le phénomène social qui touche principalement des jeunes Algériens qui obtiennent des diplômes à la fin de leur cursus universitaire dans le but de travailler, se retrouvent en fin de compte sans embauche.

Un autre type de composé est recensé lors de la collecte des néologismes. Il s’agit des composés soudés avec un taux de 8,19%, telle que la lexie bnéouiouistes, obtenue à partir de la base arabe « bni » qui veut dire « le fils de » et « oui » auxquels est ajouté le suffixe iste. Par ce néologisme, le chroniqueur désigne tous ceux qui disent tout le temps oui et manifestent malgré leur insatisfaction, leur accord avec tous les programmes politiques du pays.

La synapsie, lexies autonomes jointes par des prépositions, est aussi employés, mais ne représentant qu’un taux de 12,03 % (32) de la totalité des composés. La synapsie « bête de route », désignant chauffard qui est l’auteur des dizaines de blessés et autant de décès sur nos routes. À l’occasion de l’évènement du Festival panafricain qui s’est déroulé à Alger en 2009, la lexie un « panne à fric » a été créée pour dénoncer les sommes faramineuses et les dépenses pour le « panafricain des Algériens d’Alger », ce grand évènement africain a été subventionné avec l’argent des contribuables algériens ou encore la synapsie pauvres de Bill Gattes, cette lexie a été créée par le chroniqueur à l’occasion de la fête religieuse musulmane, fête du sacrifice pour désigner les vendeurs de troupeaux qui veulent faire fortune en cette occasion et il les compare alors à Bill Gattes, l’Américain le plus riche du monde.

L’analyse du corpus de néologismes nous a également permis de relever des procédés de mots-valises. Un mot-valise résulte de la réduction d’une suite de mots à un seul mot. En effet, ces derniers sont présents dans les chroniques journalistiques sous toutes les formes, totalisant seulement 38 lexies (13,14%), cela pour des fins de créations ludiques ou polémiques. Ainsi le mot-valise boujouterie associant les deux mots « boucherie » et « bijouterie ». Le chroniqueur l’a inventé pour désigner la cherté des viandes pendant le mois de Ramadan en comparant le prix des viandes aux prix des bijoux. Dans le même contexte, un autre mot-valise a été créé pharmafruit. Il s’agit de la combinaison de l’unité lexicale « pharmacie » et de l’unité lexicale « fruit ». Ce néologisme a été créé pour ainsi dire qu’en mois sacré, les fruits sont aussi chers que les médicaments. Le mot-valise dictarchie combine les fragments de mots « dictature » et « anarchie », deux systèmes qui reflètent la situation politique actuelle de l’Algérie, en conservant le début du premier mot et la fin du deuxième mot sur le modèle apocope + aphérèse. Le néologisme catatotale se compose de deux mots « catastrophe » qui, est tronqué et le mot complet « totale ». Pour faciliter la lecture de ces mots-valises ainsi que leur formation, nous avons opté pour ce tableau récapitulatif :

Tableau n°1 : Les mots- valises et leur productivité.

Mot-valiseEléments constituantsNombre de motsLe modèlede formationBoujouterieBoucherie +bijouterieDeux motsApocope + aphérèseDictarchieDictature + anarchieDeux motsApocope + aphérèseCatatotaleCatastrophe + totaleDeux motsApocope+mot completPharmafruitpharmacie+ fruitDeux motsApocope+mot complet

Lorsque les mots entrant dans le composé n’ont pas la même origine, on parle de composés hybrides. Ces néologismes intersystémiques (Benzakour, F et al. 2000 :455), mettant en jeu les règles de création de deux langues, sont le paramètre le plus fiable quant au degré d’intégration des emprunts aux langues dans le français en usage. Il faut signaler que la néologie par hybridation est non seulement le recours à l’emprunt (l’arabe et l’anglais dans le cas de notre étude) mais encore l’exploitation de toutes les éventualités de la langue emprunteuse en soumettant le mot emprunté à tous les mécanismes de formation néologique de la langue d’accueil (dérivation, composition, troncation, mots-valises, etc.). Ils interviennent fréquemment dans la création lexicale journalistique constituant notre corpus avec un taux de 22, 49% (65 lexies). Le tableau suivant synthétise quelques exemples des données recueillies quant à la productivité de l’hybridation recensée dans notre corpus :

Tableau n°2: Les composés hybrides et leur productivité

Français + arabeou inversementArabe +AnglaisFrançais +AnglaisFrançais inuencé par arabeOpium halalHard-raiMendiciténew-lookM’digouti(je suis dégouté) Imam par i-mailGuellilself-service(pauvre) NewscroustillantesM’diprimi(je suis déprimé) formé par analogie sur deslexèmes en dialectal oranais, commeM’riyeh(je suis confus) avec élision de« rani »je suis

L’imitation etla déformationsontles derniersprocédés delacréation morphosémantique qui regroupent la fausse coupe, procédé qui consiste à ne pas respecter les séparations habituelles entre morphème, création par manipulation, déformation volontaire ou non d’un signifiant par mauvaise articulation, par jeu ou par ironie et enfin les onomatopées, création par imitation phonétique la chose dénommée. Ces créations sont plus au moins nombreuses de la totalité des néologismes de notre corpus. Nous recensons des créations comme la scenseur, des ché, jour fait rien pour jour férié ou encore l’onomatopée, deuv,zdreuv, zdreuv-tac. Selon le contexte, cette onomatopée désigne le bruit produit par les enfants en descendant les escaliers : « …Puis la porte blindée. Deuv, deuv, deuv, deuvtac, les trois enfants descendent, les marches et leurs semelles souffrent le martyre [...] »

NOTES

1. Pour ce genre d'étude, on ne peut consulter que les quelques ouvrages d'usage courant, remis régulièrement à jour largement répandus et utilisés dans la vie courante.

2. Après avoir examiné et analysé les travaux des grammairiens et linguistes du XIXème et XXème siècle consacrés à la néologie, J-F Sabayrolles propose d'établir sa propre typologie des procédés de formation. Il a cependant essayé d'apporter quelques remaniements mais légères aux procédés de formations appelés aussi « matrices lexicogéniques », termes emprunté à J. Tournier. Il présente alors sa typologie en deux grandes matrices qu'il distingue les unes des autres : la matrice externe et les matrices internes.

BIBLIOGRAPHIE

Bastuji, J. (1979). «Notes sur la créativité lexicale» in Adda (R.) et alii, Néologie et Lexicologie. Paris: Larousse. pp. 12 – 20.

Benzakour, F. (2001). «Le Français dans la réalité marocaine. Faits d’appropriation. L’exemple de l’écart lexical». in Par monts et par vaux: itinéraires linguistiques et grammaticaux: mélanges de linguistique générale et française, Editions, Peeters. Louvain-Paris. 455 pages.

Catarig, A-T. (2011). «Néologismes d’auteur». in la presse écrite généraliste. Article [enligne]: http://www.cls.upt.ro/files/conferinte/proceedings/ PCTS. Site consulté le 20/07/2012.

Humbley, J. (2000). «Evolution du lexique». Histoire de la langue française 1945 – 2000. Paris: CNRS. pp. 71 – 106.

Sader Feghal, L. (2005). «La presse vue à travers néoscope: quand les contextes médiatiques sont mis au service de la néologie». in Mots, Termes et Contexte. Actes des septièmes journées scientifiques du réseau de chercheurs. Lexicologie Terminologie Traduction, Bruxelles, Belgique. pp. 525 – 534.

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